Je me souviens
Je me souviens de pleins feuillages
Bruissant dans l'air ocre du soir
Le ciel menait en équipage
De chaudes teintes de parloir
Et puis des rues il me souvient
L'incendie de mes pas au passage des murs
Tout mes sens en émoi l'iris en démesure
La fraîcheur des jardins
Où tout cuivré qu'il fut
D'implacable chaleur
Le midi se coulait à l'ombre d'un mûrier
Les estrades de bois
Au-dessus d'un ruisseau
Et les tapis jetés et les hauts verres à thé
Et le vent dans les arbres
Et les mots envolés
Vastes étaient les marbres des palais sur la dalle
Le silence des plaines aux cosmiques pavots
Les jets de peupliers les rondes de bouleaux
Volubiles futaies saturées de corbeaux
Volubiles futaies dans leur bogue de toile
Pour peindre ces nids d'aigles perchés au fait du monde
Un peintre en moi prend la relève
Affiche une lentille d'orfèvre
Affadit en forêts baroques
En terres ventrues sous le soc
Ces chaînes de haute lignée
Sylvie Mochiri Miller