Il y a un endroit dans mon village qu’ils ont laissé sauvage. Lorsqu’ils sont arrivés ici, loin des sentiers indiqués sur les cartes touristiques, ils ont choisi de le laisser dans l’état sans y toucher. Ils ont fait un enclos avec une palissade en bois. Et depuis, nous y vivons. Personne ne s’y aventure. Est-ce dû aux orties ou au respect pour les pancartes ? Une raison entraine l’autre… Les fruits y poussent librement et mis à part le promeneur solitaire, ou à vélo, qu’une branche lourde de mirabelles interpelle sur le sentier, je m'y arrête quelques fois comme dans une communauté qu’aucun intrus ne dérange. Et on m'y a adoptée... Les merles ont l'habitude de moi. Les chats. Les pigeons des bois. Ils me montrent leur respect en ne s'occupant pas de moi.
sylvie mochiri miller
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