Thursday, 20 August 2009

Le Souffle Universel de l'Amour

S’il fallait enrayer sa voltige à la terre
Pour trouver le silence
Pour que cesse d’un coup
Le bruit de la matière
Lancée dans la distance
Ne serait-ce qu’un jour
Que trois années lumière
Jouées au métronome unique des mémoires
De nos mots en cadence
D’oisives libertés reçues en évidence
De maîtres visionnaires
Nous ferions mon amour
Un tour dans les vergers où pousse une jonquille
Eternelle
Au soir nous verserions des cruches d’hydromel
Sur les planches d’un lit

Au nadir de la chambre une forte lunette
Dirigée sur le vide aveugle des contours
Et le jour
Où l’ellipse agacée des planètes
Poursuivrait son retour
Nous aurions eu le temps d’apprendre à écouter
Le souffle universel de l’amour

Sylvie M. Miller
07 janvier 1982