Thursday, 7 August 2014

Tous ces masques vivants dont tu me fais grief...



Tous ces masques vivants dont tu me fais grief

Je les porte en entailles

Pour y greffer tes dons, tes virtuosités

Ton aisance à vêtir tout ce qui est à nu

Tout ce que l’échouement de notre promenade

Ne saurait qu’affadir


Il te faut mon amour et mon eccéité

Habilleuse élusive

Il te faut mon regard afin que ne dérive

Le tien

Que restent les plaisirs de partager

Les pleins

Les rebondis des jours

Les bonheurs potelés


Toi, l’agitée qui cours de couloir en couloir

Pour trouver une oreille

Un témoin


C’est ton ombromanie

Au pan des moustiquaires

L’escadre de tes doigts

A l’aile membraneuse des estampes

C’est ton verbiage clair

Aux tournures des pages

Sur la cornée vacante

De mes yeux


C’est mon souffle posthume

A ton livre d’images

Qui me font résister à quitter ton chevet

Toi, la comblée de larmes


A qui manquent les mots




Sylvie M. Miller
(extrait de La Comblée de Larmes)