Friday, 26 June 2015

Orange Seeds

Did you see how the rain made time dissolve itself?
how time is clinging to the panes,
to your image, to the garden,
to the orange that you eat?

- About this orange that you eat -
time doesn't know that once the rain
has drowned it down the window frame,
the sun will come and retrieve it
so that again this gardener
that's been released in his garden
can see its seeds germinate.

Time forgets it at every downpour
and marvels each time



Sylvie M. Miller
Translated by Tatul Sonentz

The Twelve Acres Of My Youth

Six months ago I planted
Geraniums on the terrace
And when I started
Pulling out the dead stalks
My fingers felt my childhood

Entire grounds of geraniums
On twelve acres of garden

Stubborn scent that I demand
And demand again of my fingers

But six months now
The acres
Of my childhood
Wither away



Sylvie M. Miller
Translated by Tatul Sonentz

At Night

At night
In unsighted rooms
I sleep in other beds
Where I bury your absence
The uproar of your silence
And it is a large orphanage
Where I drag my sheets through dormitories
In search of scriptures
From one end to the other of childhood
Without ever finding
That marvelous parent willing to adopt me

Sylvie M. Miller
Translated by Tatul Sonentz

ELSEWHERE

I live elsewhere

Not the elsewhere you know
much farther,
if you go sideways

you will hear the tinkle
of light on time
it is the portal’s bell
that you must push with your finger

and if its wood is swollen
after a recent night’s tears:
with your hand or both arms

and if its hinges are rusty
because my heart has hardened:
with all your body

but beware! Do not trip
my portal opens on the void
and you could topple
topsy-turvy
where
at the very bottom
with my still in my arms
I wait for you at my door

Sylvie M. Miller
February 2010

Translated from the original French by Tatul Sonentz

D A W N

The blackbird on the slated roof
is a smile of dawn to me,

the wind in the tree
- a caress,

the unfolding grass
- a balm
to my feet treading the lawn,

the evaporating dew
- the tears the world had on its cheek,
drying in the morning sun.


Sylvie M. Miller
May 2012

Monday, 11 May 2015

سنگفرش سحر

سنگفرش سحر

بالای باقچه
سر هر شاخه
جزجز شهاب
شمذ شکافته


سیلوی م. میلر

Tuesday, 21 April 2015

" Majesté, aurevoir" en souvenir de mon père



Agitant sur la dalle ardente de la plaine
Un hochet de poussière à manche d’osselets
Le vent se fraie sa piste et bouscule sans peine
Aux portiques un spectre en quête de palais

Des calottes glacées où souffle sa monture
On devine des coups, comme des bruits d’épée 
Qui cinglerait sans trêve un flanc de son armure
Ou de quelque étendard aux claquements butés
Dont  l’écho se partage et se perd…

Des guerriers sans race aux faces meurtrières
De leurs mollets sanglés qui dénigrent la selle
Ou de leurs poings flattant la frange des crinières
Retiennent de leur bête aux patiences rebelles
La masse trépidante et altière

En deçà des hauteurs où tournent ces fantômes
Et des âges perclus par des âges d’histoire
Il existe un passage où le vent s’abandonne
Aux pertes de mémoire
Et gonfle d’importance au risque de se rompre
En emplissant la gorge altérée des ravins
Où nulle armée ne passe

Il existe une passe
Ouvrant sur un plateau de jardins bordant l’ombre
D’une mosquée de gemme ourdie en son écrin

Des poètes y passent
Qui chantent les cyprès et les roses sans nombre
Dont  l’arôme est exquis et le bouquet divin
La caresse glacée d’un vaste bassin rose
Où parviennent aux femmes un pétale envolé
Des gerbes qu’ils proposent

Il existe une cour
Où les rois qui sommeillent en amont des gradins
Laissent au vent son cours
En s’étouffant des mains


Sylvie M. Miller

(30 Mars 1989)

Wednesday, 11 March 2015

ANCRE

Il n'y a d’ancre que l’amour
Pour les coraux de mon parcours

Il n’y a de corne dans la brume
Que le tambour de ton sang
De baume pour mon cœur transi
- Ce calme dans les fonds marins
Où tu m’emmènes avec toi

Il y a de charitable
A s’échouer au petit jour
Sur le bitume de la vie

Ce soleil qu’un scarabée
Infatigable fait rouler
Comme une meule
Sur l’horizon


Sylvie M. Miller

12 mars 2015

Sunday, 5 October 2014

هایکو - شهابی بر نردبان

سکوت قارقاریست
شهابی بر نردبان
کلاغی تک خوان

سیلوی م میلر

Saturday, 4 October 2014

هایکو - یاقوتهای حوض

 -یاقوتهای حوض
انگور ماهی هندونه
سنکش فیروزه


سیلوی م میلر

Friday, 3 October 2014

هایکو - نشات سرها


قروب در پاییز
 زوزه زایای نسیم  

نشات سرها

سیلوی م میلر 

هایکو - سکوت قارقاریست

سکوت قارقاریست 
در مه زمستان و
کلاغش پنهان

سیلوی م میلر

هایکو - کلاغی تک خوان


  مؤذن باغ
مکث کرده رو نردبان
کلاغی تک خوان


سیلوی م میلر


Thursday, 2 October 2014

هایکو - تمشکهای جنگلی

با مشت جنگجو
تمشکهای جنگلی

در سوز و سرما


سیلوی م میلر

Haiku 10 - Buissons d'automne

Buissons d'automne -
Les mures brandissent le poing
Sous la bourrasque


Sylvie M. Miller
2 ocotbre 2014

هایکو - پای درختها


پای درختها
سکوت -
 آن‌ جوی یست
پنهان زیر برف

10 مهر 1393
Sylvie M. Miller
2nd October 2014

Haiku 8 - Dessous la neige

Au pied des saules
Le silence est un ruisseau
Dessous la neige


Sylvie M. Miller
21 septembre 2014 

Sunday, 28 September 2014

La neige est enfin tombée

cela dépend de la saison
ou du buisson
sous lequel il s'est caché
pour regarder la pluie tomber

mon chat sent la menthe fraîche
la capucine, le pétunia
la groseille en plein été

au printemps c'est le lilas, 
ou bien la fleur du cerisier
dont cette branche s’alourdit
de merles venus le narguer

en été c’est le parfum
puissant de l’aube sous le figuier

celle poivrée du néflier
pris d’assaut par la rosée

en septembre, c’est l’odeur du géranium
à son oreille
qui me réveille car je sais
que l’automne est arrivé

mais celle qui me fait me lever
n’a pas de poids, de profondeur,
c’est celle vide du silence
qu’il me rapporte au bout du nez

s’il l’a glacé, son nez,
je sais

que la neige est enfin tombée


Sylvie M. Miller

29 septembre 2014

Wednesday, 24 September 2014

Haiku 9 - THE BRAMBLE BERRIES

Clenching their small fists
To do away with the wind

The bramble berries


Sylvie M. Miller
23 September 2014

Sunday, 21 September 2014

Mon Chat


J’aime les griffes de mon chat
Quand il tricote sur mon drap
Elles sont tendresse calculée,
Portent la terre du jardin et laissent sur mon oreiller
Leur empreinte de rosée,
Lorsque  mon chat fait un câlin
Quand j’ouvre un œil de bon matin
Il a ses doigts de bébé chat

Sylvie M. Miller
21 mars 2013

Haiku 7 - Mise d'automne

Mise d’automne
Le chêne, plein de superbe
Joue tous ses écus


 Sylvie M. Miller
21 septembre 2014 

Saturday, 20 September 2014

Haiku 6 - Vent sur les ronces

Vent sur les ronces
Au chaud dans leurs moufles noires
Les mures protestent


Sylvie M. Miller

20 septembre 2014

Haiku 5 - Bourrasques

Buisson d'automne
Les mures crispent leur minois
Sous la bourrasque


Sylvie M. Miller

20 septembre 2014

Wednesday, 17 September 2014

Haiku 4 - Brouillard

Brouillard à l’aube
La nuit cache ses étoiles
Au fond des mares


Sylvie M. Miller


Tuesday, 16 September 2014

Haiku 2 - Scarabées

le bruit mat d'un fruit
un couple de scarabées
au pied du figuier


Sylvie M. Miller





Thursday, 7 August 2014

Tous ces masques vivants dont tu me fais grief...


Tous ces masques vivants dont tu me fais grief
Je les porte en entailles
Pour y greffer tes dons, tes virtuosités
Ton aisance à vêtir tout ce qui est à nu
Tout ce que l’échouement de notre promenade
Ne saurait qu’affadir

Il te faut mon amour et mon eccéité
Habilleuse élusive
Il te faut mon regard afin que ne dérive
Le tien
Que restent les plaisirs de partager
Les pleins
Les rebondis des jours
Les bonheurs potelés

Toi, l’agitée qui cours de couloir en couloir
Pour trouver une oreille
Un témoin

C’est ton ombromanie
Au pan des moustiquaires
L’escadre de tes doigts
A l’aile membraneuse des estampes
C’est ton verbiage clair
Aux tournures des pages
Sur la cornée vacante
De mes yeux

C’est mon souffle posthume
A ton livre d’images
Qui me font résister à quitter ton chevet
Toi, la comblée de larmes

A qui manquent les mots


Sylvie M. Miller
(extrait de La Comblée de Larmes)

Sunday, 27 July 2014

Un peintre en moi (extrait La Comblée de Larmes)

Un peintre en moi prend la relève
Affiche une lentille d'orfèvre 
Et cherche dans les tons de sèvres
La trace d’autres bleus
Des bleus de ciel
Et des bleus d’eau
Des souffles d’arbres, de ruisseaux

Mais je ne trouve pas
L’envers de ton départ
Je ne sais pas chercher au fond de tes armoires
Ces forêts ces prairies
Ces chants sonores d’oiseaux
Ces madrigaux ouverts
Aux rondeurs de coteaux
Aux raideurs de pluie

Je ne sais pas fouiller au-delà de toi
Au-delà des miroirs
Où tu as décidé d’engranger ma mémoire
Ecoute
J’aimerais que tu me donnes à vivre
Comme on donne à manger
A comptines chantées
Aux bébés en sevrage

Je voudrais refermer les yeux de ta maison
Et retrouver les gestes
Pour installer ma vie au rythme de saisons
Ou tu dénoterais
Pour ouvrir mes volets à la fraicheur des nuits
Relever les persiennes
Pour ranger les foulards
Au fond de tes armoires
Sous les masques épars
D’océan dans les chambres
De jardin sur la mer
Pour savoir épuiser
En touches indigo
Le faisceau des arènes
Sur mes toiles
Sans fermer les rideaux
Eteindre ta lumière
Ton bouche à bouche
A mes paupières


Sylvie M. Miller
(extrait de La Comblée de Larmes)

Sunday, 20 July 2014

Chataignes

Septembre
je decouvre une chataigne
et l'extraie
de sa bogue
comme je faisais d'une conque
sur une plage
en juillet


Thursday, 17 July 2014

JE REVE UN REVE FOU

Je rêve d’un hameau
Silencieux sous la pluie
Entouré de prairies
Et de frêles bouleaux

Je rêve d’un grand feu
De résine sucrée
Au fond d’une aube bleue
Frémissante aux volets

Je rêve de vergers
Eplorés de senteurs
Sous l’orage doré
De matinées en fleurs

Je rêve d’un violon
Accrochant à la nuit
L’humble cacophonie
D’une étude d’enfant

Je rêve un rêve fou
Me venant d’un jardin
De la terre aux genoux
Et du bonheur aux mains


Sylvie M. Miller

Mai 1979

LES ROIS QUI SOMMEILLENT - Majeste, Aurevoir


Agitant sur la dalle ardente de la plaine
Un hochet de poussière à manche d’osselets
Le vent se fraie sa piste et bouscule sans peine
Aux portiques un spectre en quête de palais

Des calottes glacées où souffle sa monture
On devine des coups, comme des bruits d’épée
Qui cinglerait sans trêve un flanc de son armure
Ou de quelque étendard aux claquements butés
Dont  l’écho se partage et se perd…

Des guerriers sans race aux faces meurtrières
De leurs mollets sanglés qui dénigrent la selle
Ou de leurs poings flattant la frange des crinières
Retiennent de leur bête aux patiences rebelles
La masse trépidante et altière

En deçà des hauteurs où tournent ces fantômes
Et des âges perclus par des âges d’histoire
Il existe un passage où le vent s’abandonne
Aux pertes de mémoire
Et gonfle d’importance au risque de se rompre
En emplissant la gorge altérée des ravins
Où nulle armée ne passe

Il existe une passe
Ouvrant sur un plateau de jardins bordant l’ombre
D’une mosquée de gemme ourdie en son écrin

Des poètes y passent
Qui chantent les cyprès et les roses sans nombre
Dont  l’arôme est exquis et le bouquet divin
La caresse glacée d’un vaste bassin rose
Où parviennent aux femmes un pétale envolé
Des gerbes qu’ils proposent

Il existe une cour
Où les rois qui sommeillent en amont des gradins
Laissent au vent son cours
En s’étouffant des mains


Sylvie M. Miller
30 Mars 1989

Tuesday, 15 July 2014

E T E R N I T Y - for a friend


Eternity can be
a sea shell on a shore
figuring how to be
part of the Milky Way

Eternity can be
a sail boat on its way
or a break in the clouds
or a boat in a bay

it can be a shimmer
on the sea, 
it can be 
a murmur - unreleased
claiming for memory

it can be in Iran, in Takht e Soleyman
where a Surat at dawn
left its gold in your eyes
where carpets of lilies 
unfold under the skies
for mountains to kneel on

and the winds churn and tease
the horizons aglow

where – because you have gone –
the yellow tulips sway
like Sufis in the breeze
in their search for the sun

Eternity is pain 
for having done you wrong 
yet knowing that my choice
had been your's all along 

and - as this shroud is shorn 
from the mist where I mourn 
to wipe the dew away -
- as the Orients alight setting mountains ablaze 
and a haze is lifted from my soul 

- as I pray

Eternity is you
in my heart
on this day


Sylvie
15 July 

2014

Wednesday, 14 May 2014

سیری ناپذیر




آن مگس را از بند
 عنکبوتی که قصد جانش را داشت
رها ندم 

اما ، بالهای زندگی ام را
که منِ سیری ناپذیر
منِ بی رحم 
تکه پاره کرده ام  ،
چه کسی آیا باز خواهد گرداند ؟

این زندگیِ بی زمانم 
که منِ
بی عاطفه
تکه پاره میکنم و 

 میبلعم ؟

سیلوی م میلر
ترجمة از اینگیلیسی به فارسی : فرشته مولوی

And so I have rescued the fly
that a spider was threatening
but who'll return my life its wings  
that - cruelly, insatiably,
I sever and tear apart?

my timeless life that,
- unfeeling,
I dismember
and devour?

Sylvie M. Miller


Monday, 3 February 2014

Le Moustique



Pour Misha Boy

Je suis un avion magique
Un moustique tique tique 
Si vous m'êtes sympathique
Je vous piquerai le front

A l'attaque moussaillon!

Si vous avez un chapeau
Je vous piquerai le dos
Si vous portez des chaussettes
Je vous piquerai la tête

Si vous êtes habillés
Je connais mille manières
De vous piquer le derrière

Mais si vous faites dodo
Cachés sous la moustiquaire
Je ferai l'hélicoptère
Et m'y casserai le nez!



Moorea, Tahiti
septembre 2000

TES ECUREUILS



Pour Félix


Grandir 
Au rythme d'écureuils
Qui font des huit
Autour des branches
A peine à quelques pas
- Sans toi

Pendant toute ton enfance 
Tu les a vus
Pendant que tu
Prenais ton petit-déjeuner,
Croquais une pomme,

T'entêtais
A faire se lever le soleil
Aux quatre coins de tes dessins,
A faire qu'une troupe d'éléphants
Ait tant de papas
De mamans
Qu'elle puisse s'ébranler
Dans le feu de la savane
Sans jamais perdre ses enfants

Mais voilà
Tu as grandi
Moi là bas et toi ici

Je ne t'aurais pas vu troquer
Tes carnets pleins de magie
Pour un cahier d'écolier

Je ne t'aurais pas vu tracer,
Dans l'herbe haute des savanes
Ou sur le dos d'un éléphant,

Tes écureuils sur le papier


3 février 2014
Montréal

Saturday, 4 January 2014

Помни ветер когда темныи

Помни ветер когда темныи
верхушка кипарисов
И строиныие минарети
темныие верхушка садов

И зрелые гранати на льду
как унаследованню
от пропавшого детсва

И сезон волков на окио
Как дыханые цими
И туман апельсинов
По фарфору чаиников

Скажи помнишь завитки чая
Золоченыи в комнатах

И шепоти самовара
Опятъ опятъ о топ счастьях?


Sylvie M. Miller

Заберусь на дерево завтра

Заберусь на дерево завтра
Сотрясти его ветви
Разбросавший цветков рой

Завтра на вершине садов
Когда сел ветер пылцы
Я как воробья подожду
Гулянья моë жизни


Sylvie M. Miller

Подоити к саду из внутри

Подоити к саду из внутри
Слушать как падает снег
И прибыть внизу
Чтобы выбрать гранату
Небрежно
И наверху почистить еë
Сидя перед самоваром
Не ища если другне
Ещë более зрелые
Неспастя кожуру 
В помятеи памяти
Так как ты все ещë
Не знаешь что должна
Отныне подоити снаружи


Sylvie M. Miller
4.01.2003

Sunday, 15 September 2013

LE CIEL A FAIT LE MUR

    Sous son ventre bombé
    Le ciel a fait l’amour
    A la terre en jachère
    Il en a fait le tour
    Et puis s’est reposé
    Sur les montagnes drues
    Aux abords des plateaux
    Son coude s’est perdu
    Dans une vallée d’eau
    Et son coeur a tremblé
    Sous les ormes feuillus
    Quand les berges noyées
     Par la rivière en crue
     Vers lui sont remontées
     Le ciel a laissé choir
     Son manteau d’encre noir
     Puis se parant d’azur
     Sur les pierres mouillées
     Le ciel a fait le mur


                             Sylvie M. Miller